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C'est difficile de s'y faire tant on espérait autre chose, mais dans la France de François Hollande, vous ne verrez plus le panneau "ici l'Etat investit pour vous". C'est pire depuis hier avec la nouvelle de la fermeture de la maternité de Vitry-le-François. Ses soutiens locaux, départementaux et régionaux n'ont rien fait pour empêcher ce nouveau mauvais coup porté au Pays Vitryat. Jean-Pierre BOUQUET a été réélu Maire, et 3 mois plus tard les promesses électorales sont effacées !

Rappels:

On se souvient pourtant de la réponse courroucée du Maire de Vitry-le-François alors en campagne électorale. Il s'agit de celle qu'il a faite aux 6 questions aux candidats aux élections municipales de mars 2014, adressées par notre Comité de Défense de l'Hôpital (CDCHVF). Le 12 février 2014 il concluait donc ainsi: "vous n'avez pas et vous n'aurez pas de meilleur allié que moi..."! Il n'avait pourtant pas répondu à la 1ère question posée au sujet de l'avenir de la maternité, du bloc opératoire et de la chirurgie, préférant faire diversion en accusant "le précédent gouvernement".

Or, en préambule de la rencontre mardi 8 juillet 2014 à Châlons entre une délégation de 11 membres du CDCHVF  et l'Agence Régionale de Santé (ARS), le Docteur Crochet Directeur Général Adjoint de l'ARS de Champagne-Ardenne a tenu à préciser que c'est conjointement le Directeur Général Monsieur Paille, Le Maire Monsieur Bouquet et le Sous-préfet Monsieur Maille qui ont pris la décision de revendiquer la fermeture de la maternité (et sa conversion en CPP) après un vote positif intervenu le 07 juillet au soir, dans un rapport 2/3 pour à 1/3 (contre et abstention) lors de la Commission Spécialisée de l'Offre de Soins de la Conférence Régionale de Santé et d'Autonomie de Champagne-Ardenne.

Ainsi, les gestionnaires loyaux du système poursuivent le travail de casse du patrimoine historique et social héritée en particulier du CNR. Ils conduisent ainsi tranquillement le pays à la ruine au nom de "la bonne gestion".  

Comment en est-on arrivé là ?

La Direction de l'ARS évoque 3 raisons principales. En réalité, celle qui nous a été présentée en 3ème a déterminé la décision: "les très grandes difficultés financières de l'établissement".

Dans le cours du débat entre l'ARS et le CDCHVF, il a été évoqué un déficit annuel constant à 2,5 millions d'€uros (pour un budget global annuel de 35 millions d'€), malgré les Plans de Retour à l'Equilibre (PRE) successivement mis en oeuvre. La maternité compterait à elle-seule pour 1,1 million d'€ dans la facture.

Qui est responsable ?

Pour nous , c'est un ensemble de dispositions qui se sont accumulées.

-> Le Plan Juppé (1995) avait mis en cause la structure budgétaire des établissements publics;

-> le Plan Mattéi avait instauré la tarification à l'activité (T2A) et l'état prévisionnel des recettes et des dépenses (ERPD) qui ont marchandisé notre système de santé et l'ont conduit à l'obligation de recourir à l'emprunt, ouvrant ainsi un énorme marché à la finance.

-> Il y a encore la loi HPST de Mme Bachelot qui a accéléré le recul du service public et de la démocratie sanitaire et sociale.

-> Il y a enfin le nouveau pouvoir issu des élections de mai-juin 2012 (et en particulier le Ministère de la Santé sous la responsabilité de Mme Touraine), qui a continué sciemment à faire fonctionner notre système de santé et de soins sous les mêmes règles assassines.

Les différents PRE qui se sont succédés à Vitry ont enchaîné des suppressions de services et de postes de travail (programmées jusqu'en 2017 !) aggravant à l'extrême les conditions de travail de tous les personnels et amplifiant les risques sanitaires, aujourd'hui instrumentalisés pour "justifier" une nouvelle amputation du potentiel de notre hôpital (voir la conférence de presse du 08/07/2014 au matin et la relation du journal "L'Union" le 09/07).

Tout cela sans alléger l'hôpital du boulet de "sa" dette (légitime et illégitime) - entre 11 et 14 millions d'€uros...

Nos exigences:

1. Nous exigeons l'annulation de la disparition programmée de la maternité qui existe ici depuis des siècles.

2. Nous exigeons un audit public de la dette du Centre hospitalier pour connaître exactement le montant de la dette et ce que représente le service de la dette (les intérêts qui sont pour nous illégitimes); pour connaître encore le montant total de l'emprunt, sa durée et son taux, de même que le nom de ceux qui prêtent et pour quels avantages.

3. Nous exigeons l'abrogation d'HPST et de la T2A, pour un retour à un financement démocratique mutualisé des établissements, échappant aux apétits de la finance et à la mise en concurrence public/privé.

4. Nous exigeons  un débat national pour une réorganisation démocratique du système public de santé, dans le respect du principe de proximité et de l'exigence de qualité.

5. Nous exigeons enfin le retour à une gestion territorialisée démocratique du système de santé  et de sécurité sociale, passant par l'élection des administrateurs des caisses par l'ensemble des assurés sociaux.

Il est bien évident que tout cela ne pourra se faire sans les luttes sur le terrain et sans le vote à gauche sur un programme vraiment de gauche !

Jean-Jacques POIGNANT,

participant à la délégation du CDCHVF à l'ARS le 08/07/2014 et

co-porte parole du Front de Gauche/Front Citoyen Vitryat.